Collectif des Défenseurs des Droits de l'Homme Sahraouis « territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain »
E-mail : collectif.ddhs@voilà.fr

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Appel "SOS"

Adressé aux participants à la 60°éme session de la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU

Depuis des années, les défenseurs des droits de l'homme sahraouis au territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain continuent, avec détermination, de dénoncer et de faire connaître les violations des droits de l'homme commises par l'Etat marocain, en relation avec le conflit politico-militaire que connaît le Sahara Occidental depuis son annexion forcée par le Maroc en 1975 contre le Peuple Sahraoui.

C'est pourquoi les autorités marocaines multiplient les intimidations et les menaces à leur encontre. Ces autorités refusent toujours de délivrer des passeports à certains défenseurs des droits de l'homme sahraouis et les confisquent à d'autres. Ils sont interdits de quitter le territoire marocain pour participer aux travaux des congrès et des rencontres internationales des droits de l'homme. Ils sont constamment surveillés, épiés et harcelés. Ils sont souvent convoqués par les différents corps de répression marocains et emmenés dans des centres, où ils sont interrogés et intimidés. Plusieurs d'entre eux ont été arrêtés et leurs procès ont été inéquitables. D'autres ont été transférés abusivement vers des villes marocaines pour les éloigner du territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain, les exposer à des conditions de vie difficiles et par conséquent les réduire au silence. Certains ont été simplement licenciés de leurs emplois de manière abusive ou leurs salaires gelés abusivement. Les autorités marocaines multiplient les menaces de licenciement à l'encontre d'autres. Leurs associations de défense des droits de l'homme constituées sont souvent soumises à des restrictions très sévères voire même dissoutes comme c'était le cas ; en juin 2003 ; pour la section sahraouie du Forum Vérité et Justice . Les organes de presse marocains mènent des campagnes médiatiques de dénigrement contre eux. C'est ainsi que le défenseur des droits de l'homme sahraoui Ali Salem Tamek est devenu une cible, depuis sa libération le 07/01/2004, d'une campagne médiatique hystérique orchestrée par certains partis politiques et une poignée de plumitifs marocains certainement commanditée par les hautes sphères de l'appareil de l'Etat marocain. En plus des appels pour son arrestation, son refoulement des territoires marocain et sahraoui sous contrôle marocain et même sa traduction devant le peloton d'exécution, des propos diffamatoires et racistes ont été exprimés contre lui et contre le peuple sahraoui, allant jusqu'à la négation explicite de l'existence de ce peuple pacifique. Cette campagne médiatique a pris une tournure grave en faisant l'amalgame entre les actions pacifiques civiques que mènent les défenseurs des droits de l'homme sahraouis au territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain et les actes terroristes sanglants qu'a connus le Maroc le 16 mai 2003.

Lors des premières visites échangées entre les familles sahraouies à El Aaiun au territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain , sous l'égide du UNHCR, dans le cadre des résolutions de l'ONU appelant à l'établissement des mesures de confiance entre les deux parties du conflit du Sahara Occidental à savoir le Royaume du Maroc et le Front Polisario, les services de renseignements généraux marocains se sont mobilisés encore une fois et ont exercé des pressions et persécutions à l'encontre des défenseurs des droits de l'homme sahraouis ; et à leur tête le Prix Rafto 2002 Sidi Mohamed Daddach ; pour les empêcher de rendre visite aux réfugiés sahraouis en visite au territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain.

D'autre part, les autorités marocaines récidivent une autre fois et continuent leur feuilleton d'intimidations à l'encontre des défenseurs des droits de l'homme sahraouis. C'est ainsi qu'elles viennent d'inaugurer une autre épisode de ce feuilleton juste après l'installation de l'Instance de l'Equité et de Réconciliation, version marocaine des commissions de vérité, et ce en optant pour les communications téléphoniques anonymes adressées aux défenseurs des droits de l'homme sahraouis les menaçant de représailles et d'éliminations physiques s'ils ne mettent pas fin à leurs actions de défense du droit du Peuple Sahraoui à l'autodétermination et de faire connaître les violations graves des droits de l'homme commises par l'Etat marocain ; depuis 1975 ; contre la population civile sahraouie. Une analyse rationnelle de l'histoire du comportement des autorités marocaines envers les opposants marocains et les activistes sahraouis mène le Collectif des Défenseurs des Droits de l'Homme Sahraouis au territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain à prendre au sérieux ses menaces d'éliminations physiques.

Vu ces intimidations récidivantes, les défenseurs des droits de l'homme sahraouis se trouvent dans l'impossibilité d'accomplir seuls leur mission de défense des droits de l'homme au territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain et comptent par conséquent sur la solidarité et le soutien de la communauté internationale et les organisations de la société civile mondiale. Pour cela, le Collectif des Défenseurs des Droits de l'Homme Sahraouis au territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain les appelle à exprimer leur solidarité et leur soutien aux défenseurs des droits de l'homme sahraouis et de dénoncer fermement les actes répétés d'intimidations perpétrés par les autorités marocaines à leur encontre.

Le Collectif des Défenseurs des Droits de l'Homme Sahraouis au territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain saisit également cette occasion pour réaffirmer la détermination de ses militantes et de ses militants à poursuivre ses actions nobles de défense des droits de l'homme au territoire du Sahara Occidental sous contrôle marocain, tire la sonnette d'alarme et lance un appel urgent aux participantes et aux participants aux travaux de la 60ème session de la Commission des Droits de l'Homme de l'ONU à Genève ainsi qu'à la Représentante Spéciale du Secrétaire Général de l'ONU pour les défenseurs des droits de l'homme afin de réagir, avec fermeté, pour assurer la protection des défenseurs des droits de l'homme sahraouis face aux dangers réels qui menacent sérieusement leur sécurité .

Laayoune, le 25 Mars 2004

[ARSO] - [60. session Commission des Droits de l'Homme 2004] - [Communiqués du Collectif des Défenseurs des droits humains teritoireoccupé] [Violations des Droits humains au Sahara Occidental]


 

Saharawi Human Rights Defenders Collective «Territory of Western Sahara under Moroccan Control"»

E-mail : collectif.ddhs@voilà.fr

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français

"SOS" Appeal

Addressed to the participants to the 60th Session of the Commission on Human Rights Geneva 16 March - 26 April 2004

For many years, the Saharawi defenders of human rights in the territory of Western Sahara under Moroccan control have determinedly continued their work of denouncing and revealing the violations of human rights perpetrated against the Saharawi people by the Moroccan State in the course of the politico-military conflict in Western Sahara, which ensued from the latters forced annexation by Morocco in 1975.

This is why the Moroccan authorities have multiplied intimidations and threats against the defenders. These authorities always refuse to issue passports to certain Saharawi defenders of human rights, and confiscate similar documents from others. The defenders are prohibited from leaving the Moroccan territory to take part in international congresses and meetings relating to human rights. They are constantly put under surveillance, spied on and harassed; they are often summoned by the different Moroccan repression bodies and are taken to centres, where they are interrogated and intimidated. Many of them have been arrested and sentenced in unfair trials. Others have been transferred by force to Moroccan cities in order to keep them away from the territory of Western Sahara under Moroccan control, and to expose them to difficult life conditions, and consequently keep them silent. Some have been simply released from their jobs in an abusive manner or have had their wages frozen. The Moroccan authorities have repeatedly threatened to lay others off. The associations they established for the defence of human rights are often subjected to sever restrictions and threats of dissolution, whereas the Moroccan press continues unleashing a campaign of disparagement against them.

That is how the Saharawi defender of human rights Ali Salem Tamek became a target, following his release on 7 January 2004, of a hysterical media campaign orchestrated by certain political parties and a group of Moroccans funded by the high echelon of the apparatus of the Moroccan State. In addition to calls for arresting him, expelling him from Moroccan territory and the Saharawi territories under Moroccan control and even for executing him, some slanderous and racist remarks have also been voiced against him and against the Saharawi people, reaching the extent of negating explicitly the existence of this peaceful people. This media campaign took a serious turn when it started resorting to distortion by equating the civic peaceful actions undertaken by the Saharawi defenders of human rights in the territory of Western Sahara under Moroccan control, and the bloody terrorist acts that hit Morocco on 16 May 2003.

During the first visits of Saharawi families to Laayoune in the territory of Western Sahara under Moroccan control, which were sponsored by the UNHCR in the framework of the UN resolutions calling for the establishment of a climate of confidence between the two parties to the conflict, namely the Kingdom of Morocco and the Frente POLISARIO, Moroccan intelligence services were once again mobilised in order to intimidate and persecute the Saharawi defenders of human rights. In this sense, Sidi Mohamed Daddach, the 2002 Rafto prize-winner was prevented from paying visits to the Saharawi refugees on a visit to the territory of Western Sahara under Moroccan control.

Furthermore, the Moroccan authorities have relapsed into their criminal habitual practices, while persisting in intimidating the Saharawi defenders of human rights. They have just embarked upon another episode of these practices shortly after the establishment of the "Commission for Equity and Reconciliation" a Moroccan version of a truth commission. An illustration of these menacing practices is the repeated phone calls made anonymously to the Saharawi defenders of human rights, which threaten them of physical elimination if they do not cease their actions aiming at revealing the gross violations of human rights perpetrated by the Moroccan State against the Saharawi civilians since 1975. A sound analysis of the history of the Moroccan authority behaviour towards Moroccan opposition elements and Saharawi activists will certainly make us comprehend the gravity of these threats of physical elimination.

In the face of these menacing intimidations, the Saharawi defenders of human rights are in a virtually impossible position to carry out alone their mission of defending human rights in the territory of Western Sahara under Moroccan control, and therefore they count on the solidarity and support of the international community and the worldwide organizations of civil society. For this reason, the Collective of the Saharawi Defenders of Human Rights in the territory of Western Sahara under Moroccan control calls upon all organisations to express solidarity with and support to the Saharawi defenders of human rights, and to denounce vehemently the practices of intimidation repeatedly pursued by the Moroccan authorities.

The Collective of the Saharawi Defenders of Human Rights in the territory of Western Sahara under Moroccan control would like to seize this opportunity to reaffirm the determination of its activist to pursue their noble actions of defending human rights in the territory of Western Sahara under Moroccan control. It would also like to sound the alarm, and to launch an urgent appeal to the participants of the 60th session of the UN Commission on Human Rights in Geneva, as well as to the Special Representative of the UN Secretary-General for Defenders of Human Rights, in order to react firmly to assure the protection of the Saharawi defenders of human rights, who are facing real dangers that seriously threaten their well-being and security.

Laayoune, March 25 2004


[ARSO] - [60. session of the UN HR Commission 2004] - [Communiqués du Collectif des Défenseurs des droits humains territoireoccupé] [HR Violations in Western Sahara]