26 juillet - 13 août 2004 à Genève.
Intervention au titre du point 02 :Question de la violation des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans tous les pays, notamment coloniaux.
28 juillet 2004
Orateur : M'Hamed Mohamed Cheikh, ISMUN
M. le Président,
Le Mouvement International des Jeunes et des Etudiants pour les Nations Unies voudrait attirer l'attention sur la gravité des violations des droits de l'homme et des libertés fondamentales au Sahara Occidental, ce qui revêt, aujourd'hui plus que par le passé, plusieurs dimensions.
L'invasion et l'occupation militaire du Sahara Occidental par le Maroc qui dure depuis très longtemps et l'édification des murs de défense qui constituent une violation flagrante du droit international ont contribué à l'isolement du Sahara Occidental avec le monde extérieur et à maintenir l'opinion publique internationale dans l'ignorance la plus complète de la répression qui y sévit depuis des lustres.
Ces murs de défense, truffés de mines, continuent de semer la mort, la terreur et la désolation au sein de la population civile sahraouie. Disséminés par millions tout au long de ces murs, les mines antipersonnel tuent et mutilent chaque année des dizaines de persones et constituent un danger réel pour les nomades et les pasteurs sahraouis lors de leurs incessants déplacements à la recherche des points d'eau et de pâturages pour leurs troupeaux.
Dans les territoires sahraouis sous occupation coloniale marocaine, la presse internationale n'a jamais été en corrélation avec la réalité sur le terrain pour la simple raison que, dans ces zones aucun média, aucune organisation humanitaire, aucun observateur indépendant n'est autorisé à s'y rendre.
C'est pourquoi, au Sahara Occidental la situation des droits de l'homme continue de se dégrader au point de devenir critique, et le climat reste empreint par la terreur surtout ces derniers temps ou plusieurs activistes sahraouis des droits de l'homme ont été déportés par la force à l'intérieur du Maroc.
Le quotidien des défenseurs sahraouis des droits de l'homme reste donc marqué par toute sorte de manşuvre de harcèlement, d'intimidation, d'emprisonnement, de privation de passeport pour la plupart ou de confiscation pour les rares qui ont eu la chance d'en avoir.
Et ce n'est pas pour rien d'ailleurs qu'Amnesty International a publié récemment un rapport accablant sur la recrudescence de la répression et sur les violations des droits de l'homme commises par le gouvernement marocain. Dans son rapport, Amnesty International a lancé un appel aux autorités marocaines pour faire des déclarations publiques sur la pratique systématique de la torture, appel qui, comme à l'accoutumée ne trouvera sûrement aucun écho.
L'opinion publique internationale pensait naïvement que Tazmamart faisait partie d'une ère complètement révolue et que des progrès en matière de droits de l'homme pouvaient avoir lieu au Maroc. Il n'en est rien, car la répression dans ce pays est plus forte que par le passé, et si le bagne de Tazmamart à momentanément fermé ses portes, d'autres centres tels TEMARA et la PRISON NOIRE D'EL AIOUN ont depuis fort longtemps pris le relais.
M. le Président,
Au Sahara Occidental, le gouvernement marocain mène une politique de répression indicible qu'il exerce contre une population civile désarmée et qui, depuis l'occupation de ce pays en 1975 n'a jamais eu recours à la violence, quant aux disparitions forcées elles prennent de plus en plus de l'ampleur à mesure que grandit l'assurance de ses auteurs en leur impunité.
La situations désastreuse des droits de l'homme au Sahara Occidental et les moyens répressifs employés par le régime marocain renseignent bien sur la nature dictatoriale de ce pays qui, parallèlement à cette politique a mené une rébellion à l'encontre de la Communauté internationale en sabotant 13 ans durant les multiples efforts des Nations Unies visant à trouver une solution juste et définitive du conflit du Sahara Occidental.
En refusant de manière claire et définitive l'option de l'indépendance contenue dans le dernier rapport de paix pour le Sahara Occidental et dans celui de 1991 auquel il avait souscrit, le Maroc se dévoile au grand jour et met à nu les intentions réelles qui ont été, d'ailleurs toujours les siennes : accentuer davantage la répression et quadrillage permanent des villes sahraouies, pillage effréné des ressources du territoires, induire en erreur les compagnies internationales en les encourageant à signer des contrats d'exploitation en violation du droit international, et feindre de se plier aux exigences de la Communauté internationale en vue de l'organisation d'un référendum d'autodétermination dont il appréhende fortement l'issue.
La Communauté internationale doit faire pression sur le Maroc afin qu'il se conforme à l'article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et pour qu'il se conforme, également à la légalité internationale en laissant aux Nations Unies le soin de mener à bien la décolonisation du Sahara Occidental à travers un référendum d'autodétermination libre et démocratique.
Je vous
remercie.
>> 56th
Session of the Sub-Commission on the Promotion and Protection of
Human Rights, Geneva 26.07-13.08.04
Press document 28.07.04: SUB-COMMISSION
EXPERTS AND NGOS DEBATE VIOLATIONS OF HUMAN RIGHTS AROUND THE
WORLD.