Mouvement
International Des Jeunes et des Etudiants
Pour les
Nations Unies
INTERNATIONAL YOUTH AND STUDENT MOVEMENT FOR THE UNITED NATIONS
I S M U N
Headquarters: Maison des associations , Rue du Vieux Billard
8, 1205 Geneva, Switzerland
Commission des Droits de l'homme (19 avril 2004)
Point 17 : Promotion et protection des droits de l'homme
Orateur: M'Hamed Mohamed Cheikh
M. le Président,
Le Mouvement International des Jeunes et des Etudiants pour les Nations Unies au nom duquel j'interviens est vivement préoccupé face aux agressions répétées auxquelles sont soumis les défenseurs sahraouis des droits de l'homme au Sahara Occidental. Le Maroc, pays qui occupe illégalement ce territoire depuis près de trois décennies a entrepris une véritable politique d'éradication physique ayant pour objectif l'élimination de cette frange importante de la société.
Cette politique s'est traduite, notamment par des exactions qui violent le droit international humanitaire, mais relèvent avant tout de crimes contre l'humanité. Les victimes sahraouis, qui se comptent par centaines, sont soumises aux tortures, aux restrictions draconiennes du droit à la liberté d'expression, d'association, de réunions. Elles sont soumises aux persécutions de toutes sortes, aux arrestations souvent ostentatoires, suivies le plus souvent de disparitions forcées.
Au Sahara Occidental, les violations des droits humains ont pris un caractère institutionnalisé. Le quotidien des défenseurs sahraouis des droits de l'homme est marqué, surtout ces cinq dernières années par une répression accrue. Ils sont régulièrement victimes d'intimidations, de condamnations arbitraires et sont privés du droit de quitter le territoire.
Près de trente ans d'occupation du Sahara Occidental par le Maroc, accompagnés de souffrances, d'exode, d'insécurité, de régression du niveau de la population ont engendré peur et terreur et installé ces populations dans un deuil qui n'en finit pas.
Pour mieux camoufler ses crimes d'Etat, le Maroc a procédé depuis le début du conflit au quadrillage militaire du Sahara Occidental, et tout au long de ces longues années d'occupation la procédure judiciaire n'a été, en aucun cas, entamée à l'encontre d'un prisonnier quant au nombre de ceux qui ont survécu aux méthodes de tortures les plus barbares pratiquées dans des centres secrets tels TEMARA et autres bagnes de sinistre mémoire, ils se comptent sur les doigts d'une seule main.
L'implication à grande échelle des services secrets marocains dans les disparitions au Sahara Occidental et le désintérêt affiché par les autorités de ce pays chaque fois que des protestations ont été portées à leur connaissance démontrent, si besoin est, l'existence d'une programmation et d'une approche planifiée en haut lieu.
Les enlèvements suivis de séquestrations et de disparitions des défenseurs sahraouis sont commis en connaissance de cause, couverts et ordonnés par les hautes autorités marocaines parfois avec un machiavélisme hors du commun. Quelques révélations sont venues cette année d'un membre influent des services secrets marocains, Ahmed Boukhari qui a levé le voile sur le véritable fonctionnement de la machine répressive marocaine avant de dresser la liste de 125 tortionnaires, responsables d'exactions et massacres, également au Sahara Occidental.
Monsieur le Président,
Parallèlement à cette politique systématique des violations des droits humains, le Maroc après avoir acquis la certitude qu'il n'aura pas, in fine, la grâce de la population sahraouie une fois le référendum d'autodétermination organisé a procédé au transfert massif de milliers de colons marocains au Sahara Occidental, et en sens inverse, déporté plusieurs centaines de sahraouis à l'intérieur du Maroc. Parmi ceux-ci figurent un nombre considérable des défenseurs des droits de l'homme.
Eu égard à ce qui précède, il est patent que la politique menée par le Maroc à l'encontre des défenseurs sahraouis des droits de l'homme porte atteinte à tout un ensemble de droits inscrits dans la déclaration universelle des droits de l'homme.
De ce fait, la Communauté internationale doit prendre les dispositions nécessaires pour remédier aux atteintes renouvelées aux droits de l'homme commises par le Maroc au Sahara Occidental. Elle est, en outre sollicitée pour faire la lumière sur la disparition forcée de centaines de sahraouis en territoires occupés de la République Arabe Sahraouie Démocratique.
Je vous remercie